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Shooting the Messenger

Un sommaire pas comme les autres

Trahison au Fédéral

Récit vécu d'un dénonciateur

D’abord, il y a eu le vol de millions de dollars (probablement la fraude de deniers publics par des fonctionnaires  qui a duré le plus longtemps dans l’histoire du Canada), ensuite il y a eu la tentative cachée de contrevenir à la Loi sur les langues officielles et priver les Canadiens français qui travaillaient dans nos ambassades en France, en Belgique et ailleurs dans le monde francophone de leur droit de travailler en français.

Trahison au Fédéral parle aussi de la politique, de la moralité et de l’éthique au gouvernement. Avant tout c’est le récit de diplomates de carrière et de cadres supérieurs qui ont contrevenu à la loi d’une façon éhontée et comment ils ont compromis le régime judiciaire et la réputation d’un ancien premier ministre dans le but de masquer ce qu’ils avaient fait.

Surtout c’est l’histoire de ce que l’on a fait à l’employé qui a découvert ce que les diplomates et les cadres supérieurs avaient fait et avaient l’intention de faire.

Avant-propos

Dis-moi pas ça

La vérité est prépondérante et prévaudra. C’est beau, mais c’est faux. Mark Twain, Carnet, 1935

L’un de mes premiers souvenirs est celui d’un homme qui pleure. L’après-midi, j'avait joué avec le fils de cet homme dans le carré de sable.

Ce n’était pas réellement un carré de sable, mais plutôt un tas de sable jeté dans le milieu d’une entrée boueuse. Le père du garçonnet avait une entreprise de transport de gravier. En rentrant chez lui à la fin de la journée, il ne s’est pas méfié que son fils jouait toujours dans le tas de sable et il l’a écrasé…

1 – Un comportement exemplaire

Selon Mencius [372–289 av. J.C.], la bonne conduite “provient non pas de forces externes, mais découle de vertus développées en soi par l’observation de comportements exemplaires”.

Pour moi, un tel modèle de comportement louable était un prêtre. Il y aura d’autres modèles par la suite, mais j'aimait beaucoup cet homme pour qui j'ai été servant de messe, louveteau et chef scout. Mon affection pour le Père Tremblay se composait d’admiration et de gratitude. Le prêtre m'a sauvé la vie…

2 – Le fait français

Je mettais l’épicerie dans un sac lorsqu’une femme d’un certain âge, élégante et polie, s’est approchée, s’est présentée et m' a demandé si je connaissais sa fille Glenna.

Le nom ne me disait rien jusqu’à ce qu’elle décrive la très jolie fille devant laquelle je m’était presque tordu le cou pour la voir la première fois qu’elle était passée devant le grand supermarché Red and White de l’avenue Railroad, dans la petite localité d’Ashcroft en Colombie britannique, où je travaillais après l’école et la fin de semaine…

3 - Le chemin du retour

Avant de partir, je me sui rendu chez Liz pour lui faire mes adieux. Elle m'a dit qu’elle était prête à céder si je restait. Mais même cette éventualité des plus agréables ne pouvait pas me retenir à Kelowna…

4 – La mauvaise leçon apprise

Le dire ou pas? Voilà la question! J'avais additionné les chiffres de la publication de l’année précédente et, dans certains cas, le total n’était pas juste. Si j'avais mieux connu les œuvres dramatiques grecques les plus célèbres de l’antiquité, surtout celles des tragédiens comme Sophocle, j'aurais compris que la leçon que j'allais tirer était fausse…

5 – Une nouvelle passion

L’appareil avait un air connu. J'ai cru que c’était une de ces grosses calculatrices électroniques que j'avait utilisées pour faire des calculs statistiques à Simon Fraser, mais non, ce n’était pas ça. Cette machine avait une mémoire énorme, 15 kilo-octets, un clavier complet, une imprimante, une mémoire à bobines libres de style ancien et un modem à 300 octets/seconde. Sensass! Il y avait même un accessoire appelé une unité à disquette souple...

6 – Une indiscrétion navrante

À mon retour du déjeuner, elle n’était plus là. "Arthur, où est-elle?"

Lorsqu’il me l'a dit, je ne ressenti qu’un léger remords. Il n’en serait pas toujours ainsi. Après tout, ce n’était pas ma décision, ni même celle d’Arthur. Je l’avais dit à Art, qui l’avait dit au PDG, ce dernier avait dit à Art quoi faire, c’est du moins ce qu’Arthur m'a raconté. Des années plus tard, je comprendrais enfin la douleur et l’humiliation que j'ai  dû lui provoquer…

7 – Guerre psychologique

Elle pleurait au point d’avoir de la difficulté à parler en s’effondrant sur une chaise dans mon bureau. Son époux venait de lui téléphoner et de l’accuser de le tromper…

8 – La mort de Janine

Rakesh a démissionné et est passé à autre chose. Janine a démissionné et est morte. Janine travaillait au service du courrier…

 9 - Audrey et le sens de l’amitié

Audrey était une femme noire imposante de Sainte Lucie. Audrey avait tout un tempérament. C’est ce qui expliquait sans doute pourquoi elle figurait en tête de liste d'un gestionnaire, à une personne à remettre à leur place, si je voulais changer les choses. Landers avait bien essayé, mais pour sa peine il s’était fait lancer une corbeille à papiers par la tête lorsqu’il a interrompu son travail…

10 – L’appel des Affaires extérieures

J’ai été le dernier à me joindre à l’équipe constituée pour remanier la façon dont le ministère suivait et comptabilisait les dépenses des diplomates et de leurs employés. Le Vérificateur général se doutait que la crème de la crème de la fonction publique canadienne avait la main dans la tirelire. Pour mon plus grand malheur, j’ai confirmé ses soupçons.

11 – La solution des 50 pour cent

Il suffit de petites choses imprévues pour changer le cours des choses. Dans le cas des diplomates, ce fut la demande de construire une petite base de données pour faciliter la préparation du Budget des dépenses pour le Parlement qui fit éclater au grand jour le pire et le plus long détournement, par des fonctionnaires, de deniers publics dans l’histoire du Canada…

12 - Tokyo vend la mèche

Ouch! Tokyo a laissé tomber les gants diplomatiques dans son télégramme, m'envoyant promener, moi et mes calculs…

13 – Agression à Amsterdam

L’agent financier de Bruxelles n’a pas fait preuve de la même éloquence que le porte-parole des Contrôleurs de secteur en expliquant pourquoi à Bruxelles on avait empoché deux cent cinquante mille dollars qu’on aurait dû retourner à Ottawa…

14 – À toi, à moi et à nous

Les Affaires extérieures faisaient preuve d’une certaine logique en divisant le monde par groupes linguistiques : les agents de langue française dans les pays francophones, les agents de langue anglaise dans les pays anglophones, et le reste du monde partagé entre les deux groupes linguistiques. C’est à Ottawa que cette logique faisait défaut…

15 - The Return of the Double Standard (à traduire)

What was it with this Department? Richard had been at Foreign Affairs for maybe a year, and already he had fallen for the mantra that whatever Canadians can do, others can do better.

During my time in this parallel universe where the laws I was familiar with did not apply, it had never occurred to me to talk to outsiders about the goings on at Foreign Affairs. The Department is not only Canada's window on the world, but also the world's window on Canada.

16 - No Future Here (à traduire)

They left me in my small beige cell with my impossible pointless task for months on end, on display, an example for the dozens who every day had to traverse the narrow corridor in front of where I sat at my desk, behind that floor-to-ceiling wall of glass, with my desktop calculator, pad and pencil starring into space.

What were they waiting for?

17 – Mr. l'ambassadeur, Raymond Chrétien

La réunion avec Raymond Chrétien a pris fin sur une chaude poignée de main de l'ambassadeur qui m'a remercié avec effusion de l'avoir mis au courant de l'affaire …

18 – McGahey

McGahey venait tout juste de fermer la porte après m'avoir accueilli d’une ferme poignée de main à l’extérieur de son bureau, devant sa secrétaire, lorsque qu’un orage d’obscénités s’est abattu sur moi. Une grossièreté n’attendait pas l’autre, “maudit bâtard”, “enfant de chienne ”, “trou de cul ”…

19 – Les diffamateurs

McGahey a essayé de débarrasser le Ministère de ma personne en tentant de créer une confrontation physique, mais d’autres ont choisi une voie moins risquée, la diffamation.

Comme l’a écrit Allan Barth: “la diffamation est à la fois plus facile et plus sûre que l’agression physique et présente moins de risques pour le diffamateur. Il demeure libre de répéter sans fin le même geste et peut même espérer s’attirer les honneurs dus à un héros…” …

20 – L’ambassadeur devient commissaire, et vice versa

Elle n’est pas restée longtemps. Elle n’a même pas pris la peine de s’asseoir. Retenant ses larmes, elle m'a dit qu’elle démissionnait à cause du rapport merdique que le Commissaire allait bientôt rendre public…

21 – The Pontius Pilate Letter (à traduire)

The Pontius Pilate Letter is dated March 11, 1986 and is signed by a Gilbert Langelier. Mr. Langelier reported directly to Commissioner Fortier, therefore, the former diplomat can be assumed to have given the letter his blessing.

22 – Le Noël du dénonciateur

Souvenirs de Wendy

Wendy portait toujours des couleurs vives. Je préférait son ensemble rouge orange qui s’harmonisait parfaitement avec ses cheveux châtains clairs séparés au milieu de la tête qui encadraient son visage, la faisant ressembler au personnage de Sabrina la sorcière adolescente de la série télévisée.

Les couleurs qu’elle portait lui étaient très seyantes et, lorsqu’elle venait dans ma petite cellule beige et s’assoyait ou s’appuyait sur le cadre de la porte, les bras croisés, avec un petit sourire sympathique, elle était le rayon de soleil qui illuminait ma journée…

23 – Une journée ensoleillée de mai

Tous les matins, s’il faisait soleil, le couloir devant ma petite cellule beige était temporairement inondé de soleil grâce à la fenêtre du côté est, située plus loin le long du couloir où les patrons avaient leurs bureaux.

Je regardais le soleil brillant de mai qui éclairait le couloir habituellement sombre lorsque Bruce est arrivé en courant…

24 – R. G. Woolham et jouer sur les deux tableaux

Pour un ministère qui aspire aux plus hauts idéaux, qui professe le professionnalisme et se prétend un modèle des plus hautes valeurs canadiennes et d’urbanité, on pourrait s’attendre à ce que, dans la victoire, on se montre magnanime. Or, les diplomates allaient se révéler, même dans la victoire, mesquins et vindicatifs…

25 - J. T. Boehm's Sense of Humour (à traduire)

Soon to be Ambassador John Thomas Boehm faced a much more difficult ethical choice than his predecessor. Unlike our new High Commissioner to Jamaica, Robert Gordon Woolham, who was only required to rule on whether the character assassins' appraisal of my character and abilities was justified, Boehm was asked to overrule his boss, J. G. Harris, Assistant Deputy Minister, Personnel Branch. In the topsy-turvy world at Foreign Affairs this made perfect sense.

26 - Nonsense (à traduire)

...

Evelyne: When he had access to the computer, did Mr. Payeur produce the Currency Fluctuation Reports on time and in the manner requested?

Richard: Yes.

Evelyne: Why did you not simply give him access to the tools he had used in the past to prepare the reports when you realize that you were losing millions of dollars because he could not do them using only an adding machine?

Richard: Like I said before, he did not need access to the computers to produce the currency fluctuation reports. I already told you that, and it is all his fault if today we cannot keep track of millions of dollars.

It's his fault for getting himself fired! Because he got himself fired, we had to dismantle the Currency Fluctuation Reporting System because nobody knew how to run it. We even hired a consultant for $ 90,000.00 so he could tell the consultant how the system worked before we fired him.

...

Evelyne: Such an appraisal (The Appraisal From Hell) is grounds for immediate dismissal for incompetence or incapacity isn't?

Richard: I don't know.

Evelyne: If this appraisal was not going to be used to get rid of Mr. Payeur, why such an appraisal six months (it was four months) before his regular appraisal was due?

Richard: To get him to do his job.

Evelyne: Anyone with such an appraisal is obviously incapable of doing even the most menial tasks, let alone all the complex calculations required to do the currency fluctuation reports?

Richard: We thought that this appraisal (The Appraisal From Hell) would convince him that we were serious about getting our reports.

Evelyne: So what you're saying is that such a horrible appraisal is just the Department's way of motivating employees?

Richard: Yes.

Evelyne: To your knowledge, do you know of anyone else who received such an appraisal?

Richard: I don't know of anyone else.

...

27 – Comment intimider un juge

Les avocats du Conseil du Trésor n’ont même pas essayé de réfuter la preuve présentée au cours de trois jours d’audience. Leduc a simplement ouvert sa serviette et dit : “J’ai ici une lettre du Secrétaire d’État aux Affaires extérieures, le très honorable Joe Clark, adressée a Mr. Payeur dans laquelle il exprime son entière confiance dans ses fonctionnaires. ” Il a placé la lettre devant Thomas W. Brown et lui a demandé s’il était disposé à qualifier Joe Clark de menteur…

28 - Evelyne's Choice (à traduire)

Evelyne was taken aback by this last minute introduction into evidence of Joe Clark’s letter, but not Thomas W. Brown. During the entire hearing, Thomas W. Brown had sat there like a lump on a log taking notes, saying very little. His demeanor when Leduc placed the letter before him, daring him to call Joe Clark a liar did not change one bit. He put the letter aside and wrote himself a note.

29 – Une décision qui blanchit les coupables

Il n’a fallu que quelques secondes à Thomas W. Brown pour comprendre, après la présentation en preuve de la lettre du très honorable Joe Clark louant ses hauts fonctionnaires, qu’il n’était pas dans son intérêt de trouver ceux-ci coupables de quoique ce soit…

30 – Et tu, Brute? (à traduire)

It took Thomas W. Brown maybe a few seconds, after reading the letter from the Right Honourable Joe Clark praising his officials, to realize that it was probably not in his interest to find these officials guilty of anything. As to when the Public Service Alliance of Canada (PSAC) gave Evelyne the green light to sacrifice her client to save a friend is unclear.

31 – The Tangled Web (à traduire)

Before the Federal Court will hear your appeal, you have to provide it with your arguments in writing; it's called a Memorandum of Points of Arguments. The same is required of the Respondent, in this instance, Treasury Board (Foreign Affairs).

In their Memorandum of Points of Arguments prepared by Bouzigon, Treasury Board admits that Joe Clark’s letter probably influenced Thomas W. Brown’s decision but that the point is moot since neither my representative or myself asked the adjudicator to disqualify himself after he admitted to being concerned about the impact of the letter*.

32 – En Cour d’appel fédérale avec pour client un imbécile

“Avouez-le!” Le juge Marceau hurlait presque lorsqu’il ma dit: “Vous avez été congédié parce que vous vous êtes plaint au Commissaire aux langues officielles!”

Je refusais toujours de croire que ma revendication que les Francophones œuvrant dans les missions diplomatiques canadiennes à l’étranger avaient les mêmes droits que les Francophones travaillant au Fédéral au Canada soit la cause de mon congédiement. Je croyais toujours que c’était à cause de ma découverte du détournement de fonds…

33 – Devant la Cour suprême du Canada

Je me préparais à m’adresser au tribunal et à poser aux juges la question que les juges de la Cour d’appel fédérale m'avais suggérée, lorsqu’un groupe d’enfants d’école en excursion est entré avec son enseignant. Ils allaient ce jour-là apprendre une leçon des plus utiles sur la possibilité d’obtenir justice au Canada …

34 – Proof of Perjury (à traduire)

I had always wondered why Foreign Affairs would risk losing tens of millions of dollars by insisting that I do a job that required the use of a large mainframe computer using only an adding machine, pencil and paper. It did not make sense. I need not have wondered. They were not risking anything.

35 – La trahison de Joe Clark

Joe Clark m'a trahi, pour être à son tour trahi par ceux qui l’avaient convaincu qu’il faillait me trahir…

36 – Mentir sous serment

La vérité! Enfin!

“Vous nous devez deux millions de dollars.” "Non, c’est un million seulement!" “Nous soutenons que c’est deux millions.” “Prouvez le!” “D’accord, en ce cas on s’entend pour un million ...

Épilogue

Des petites choses qui restent à dire

Il y avait un mur de verre qui donnait sur la salle de rédaction. La première chose qu’elle a fait, après s’être assise avec près de moi, c’est m' indiquer qui, dans la salle des nouvelles, couchait avec qui. Dans d’autres circonstances, peut-être que j'aurais pu m’intéresser aux aventures amoureuses des journalistes et éditorialistes du Globe and Mail, mais pas ce jour là…

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Missing Millions and an Inexcusable Breach of Trust (à traduire)

The Department delivered on its promised retaliation, but it was not what I expected. If I was guilty of insubordination then I should have been accused of such then and there. That would have been the honourable course of action; but this is not what they did, and what they did is what fuels my quest for justice to this day.

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Qu’est-ce que cela a à voir avec le Groupe des Sept?

Si vous vous jugez au-dessus de la loi, logiquement il s’ensuit que vous ne pouvez enfreindre des lois qui à votre avis ne vous visent pas. À l’extrême, vous en viendrez à croire que vous pouvez faire ce que vous voulez. Vous ne pouvez rien faire de mal, puisque vous estimez que tout ce que vous faites est la chose à faire. Vous êtes un Louis XIV moderne, la loi, c’est vous...